LES GALLICISMES ET LEURS DOUBLETS EN ITALIEN
DOI:
https://doi.org/10.52846/qqwp9n44Cuvinte cheie:
doublets lexicaux, gallicisme (adapté ou non adapté), inclusion/ intersection sémantique, significations divergentesRezumat
Les mots provenant du français constituent un secteur important du vocabulaire italien (environ 7 % du lexique fondamental cf. Lorenzetti 1998), le plus stratifié dans le temps et le mieux intégré (Conti 2010). Notre travail porte sur une sous-classe spéciale de mots italiens empruntés au français (des gallicismes, Thibaut 2009), à savoir des mots qui existent sous deux formes, formant ainsi des doublets. L’étude des doublets mentionnés dans les dictionnaires italiens (environ 80, selon Garzanti) nous a permis de constater les situations suivantes : souvent l’un des deux mots reprend exactement la forme du mot français (prononciation et orthographe), constituant ainsi un gallicisme non-adapté (un GNA). Les GNA doublent deux catégories de mots : des lexèmes qui existaient déjà en italien (généralement d’origine latine, des LA ‘lexèmes autochtones’) ou un emprunt adapté à la phonétique et à la morphologie de la langue cible (des GA ‘gallicismes adaptés’). Il existe presque toujours un passage sémantique entre ces couples de mots, la signification du GNA étant généralement incluse dans celle de son doublet adapté. Il existe également de rares mots qui ont développé en italien des sens qui n’existent pas en français (fréquemment des hypéronymes) ou qui ont élargi la signification du lexème français. L’emprunt est souvent motivé par l’apparition d’un développement sémantique inédit du mot en français, acception qui est souvent l’unique signifié du GNA (comme soirée (doublet serata) « réunion mondaine », baguette (à côté de bachetta) « type spécial de pain »). Une partie des gallicismes italiens sont des mots ‘récupérés’, c’est-à-dire des mots entrés en français de l’italien et revenu sous la forme des gallicisme (vedetta – vedette, piastrone – plastron, etc.).